Sentiers de randonnée en Corse : GR20, Mare a Mare, Mare e Monti et sentiers du patrimoine

Vivre & parcourir · Publié le 2026-10-11

Paysage de montagne corse vu depuis le GR20 : crêtes rocheuses, aiguille de pierre et maquis sous un ciel bleu
Sur le GR20, l'itinéraire de grande randonnée qui traverse la Corse du nord au sud. Photo : Hermes from mars, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La Corse est souvent décrite comme une montagne dans la mer. Pour le marcheur, c'est une réalité : quelques kilomètres séparent les plages des crêtes à plus de 2 000 mètres. Le réseau de sentiers reflète ce relief, du GR20, l'un des itinéraires les plus exigeants d'Europe, aux chemins muletiers qui reliaient les villages et que l'on redécouvre comme sentiers du patrimoine.

Le GR20 : la montagne de bout en bout

Le GR20 traverse l'île du nord au sud, de Calenzana, en Balagne, à Conca, au nord de Porto-Vecchio. Il suit la ligne de partage des eaux, au plus près des crêtes, sur environ 180 kilomètres, que l'on parcourt généralement en une quinzaine d'étapes. Les dénivelés sont importants, les passages rocheux nombreux, certains secteurs équipés de chaînes. L'itinéraire est géré par le Parc naturel régional de Corse, qui exploite aussi la plupart des refuges.

Ce n'est pas une randonnée pour débutants. Le GR20 demande une bonne condition physique, l'habitude de la montagne, un équipement adapté et une organisation rigoureuse : réservation des nuitées en refuge ou en aire de bivouac selon les règles en vigueur, ravitaillement, plan de repli. Les orages d'été, le vent et le brouillard peuvent rendre certains passages dangereux.

La saison praticable va en général de juin à septembre ou début octobre ; au printemps, des névés peuvent subsister en altitude. Sur les écarts de climat entre littoral et montagne, voir notre article sur le climat d'Ajaccio.

Mare a Mare : traverser l'île par les villages

Les sentiers Mare a Mare (« de mer à mer ») relient les deux côtes en traversant l'intérieur, d'est en ouest. Il en existe plusieurs, au nord, au centre et au sud de l'île. Ils passent par des villages, des forêts et des cols moins élevés que ceux du GR20, et permettent de dormir en gîte d'étape. Leur intérêt est autant culturel que sportif : ils traversent des pièves, des châtaigneraies, des ponts génois, des chapelles.

Mare e Monti : la côte et la montagne

Les itinéraires Mare e Monti (« mer et montagnes ») suivent l'arrière-pays de la côte ouest, en alternant villages perchés, vallées et descentes vers la mer. Le plus connu relie la Balagne à la région de Cargèse. Ils sont plus accessibles que le GR20 tout en offrant des paysages spectaculaires, notamment autour du golfe de Porto, où se trouvent une tour génoise inscrite monument historique (voir notre article sur les tours génoises) et des falaises de granite rouge.

Les sentiers du patrimoine

À côté des grands itinéraires, de nombreuses communes ont balisé de courts sentiers qui suivent d'anciens chemins : liaisons entre hameaux, chemins de transhumance, accès aux moulins, fours et chapelles. Ils se parcourent en quelques heures et s'accompagnent souvent de panneaux d'interprétation. Ils sont une excellente manière de comprendre l'organisation de l'espace rural corse, structuré par les villages, les terrasses et les châtaigneraies.

Autour d'Ajaccio, la pointe de la Parata offre un exemple accessible : un sentier court mène au pied de la tour génoise, face aux îles Sanguinaires, dans un site classé et labellisé Grand Site de France. Nous en racontons l'histoire dans notre article sur les Sanguinaires et la Parata.

Marcher en sécurité

  1. Consulter la météo de montagne et les bulletins de vigilance avant de partir ; renoncer en cas d'orage annoncé.
  2. Partir tôt l'été, pour marcher aux heures fraîches et arriver avant les orages de l'après-midi.
  3. Emporter beaucoup d'eau : les sources ne sont pas garanties, surtout en fin d'été.
  4. Respecter le risque incendie : feu interdit, et certains massifs peuvent être fermés au public lors des épisodes de danger élevé, sur décision préfectorale.
  5. Prévenir quelqu'un de son itinéraire et connaître le numéro d'urgence européen, le 112.

Rejoindre les départs

La plupart des départs de randonnée ne sont pas desservis par les transports en commun, ou très peu. Le train de montagne constitue toutefois une exception utile : plusieurs gares, comme Vizzavona, se trouvent sur ou près des grands itinéraires. Notre article sur les déplacements en Corse détaille les options. Et pour qui envisage de vivre sur l'île et de profiter de ces chemins toute l'année, notre guide s'installer à Ajaccio fait le point sur le logement et la vie quotidienne.

Cartes, balisage et préparation

Le GR20 est balisé en blanc et rouge, comme tous les sentiers de grande randonnée ; les sentiers de pays ont leur propre balisage, indiqué par le Parc naturel régional. Ce balisage ne dispense pas d'une carte : les cartes topographiques au 1:25 000 de l'IGN restent la référence pour préparer un itinéraire, repérer les points d'eau, évaluer les dénivelés et identifier les échappatoires. Les applications de randonnée sont utiles, mais les batteries s'épuisent vite et le réseau téléphonique est absent dans de nombreuses vallées.

Il faut aussi compter avec le temps de marche réel. En Corse, une étape de quinze kilomètres en montagne peut demander sept ou huit heures, à cause des dénivelés et des passages rocheux. Les topoguides indiquent des durées de référence ; il est prudent de les majorer pour un groupe ou par forte chaleur.

Respecter le milieu

Les sentiers traversent des espaces naturels fragiles : maquis, forêts de pins laricio, pelouses d'altitude, lacs de montagne. Rester sur le tracé limite l'érosion, et ne laisser aucun déchet est une règle absolue, d'autant que l'évacuation se fait souvent à dos d'homme ou par hélicoptère. Les troupeaux en liberté, nombreux en montagne, appartiennent à des éleveurs : on ne les nourrit pas et on referme les clôtures derrière soi.

Sources